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Le monde a besoin de rompre avec le capitalisme

December 25, 2009

décembre 25, 2009

Editorial de l’Humanité dimanche

Reproduzido por Jacob (J.) Lumier

Fonte: Blog de Patrick Le Hyaric

Le hasard veut que nous entamions la dixième année du troisième millénaire par une déception planétaire : celle de  l’échec du sommet mondial de Copenhague sur le climat. Au terme de deux années de travail, cette grande réunion internationale n’a décidé d’aucune modalité contraignante pour réduire substantiellement les émissions de gaz à effet de serre. Et aucune instance comme une « Organisation mondiale de l’environnement », chargée d’une coopération interna-tionale nouvelle, garante de la survie de la planète, n’a été créée.

Pire ! Cet échec sert à porter de nouveaux coups contre l’Organisation des Nations-Unies. Certes, nous deman-dons depuis longtemps une modernisation, une démoc-ratisation de cette instance internationale, mais pas sa décapitation ! La logique ainsi à l’œuvre est mortifère. Elle prolonge toutes les résolutions de l’ONU déjà bafouées contre la guerre en Irak, en faveur de la création d’un Etat Palestinien, ou encore pour les projets d’actions contre la famine.

Comme un cynique clin d’œil, cet événement se produit exactement dix ans, presque jour pour jour, après le lancement de l’Organisation Mondiale du Commerce à Seattle, aux Etats-Unis. Créée, elle aussi,  en dehors de l’ONU, cette instance mondiale a pour objectif de « déréglementer », de « libéraliser » le commerce mondial au bénéfice des forces du capital. Elle a donc constitué un outil de fabrication de lois internationales pour le capitalisme mondialisé. Et la réintégration, par M. Sarkozy, de la France dans l’OTAN, comme sa primauté  en tant que bouclier d’une défense européenne, stipulée dans le traité de Lisbonne, n’ont fait, elles aussi,  que dévaloriser les Nations-Unis et aggraver les déséquilibres en faveur des Etats-Unis.

Le lien entre le sommet de Copenhague et Seattle est simple : on y parle de projets diamétralement opposés! De même, il y a antagonisme entre la préservation de la planète et la volonté d’appliquer les règles libérales du marché unique européen, les traités européens de Maastricht et de Lisbonne. Le capitalisme est un anti-écologisme, comme il est un anti-humanisme. Cependant, la préparation du sommet de Copenhague aura permis à l’humanité de prendre encore plus conscience de sa globalité, de l’interdépendance des nations, du devenir des êtres humains et de celui de la planète.

L’urgence écologique, indissociable de l’urgence sociale et de l’impérieuse nécessité du désarmement et de la paix, est devenue sans doute l’enjeu le plus fédérateur des peuples, des individus entre eux. A l’heure de l’information instantanée et d’une sorte d’échanges informatiques en continu pouvant nourrir une démocratie numérique, des conditions nouvelles existent pour faire humanité ensemble.

L’échec du processus de Copenhague, -dont nous ne nous accommodons pas-, est le révélateur des tensions de ce monde, inséré de force dans la camisole du capitalisme mondialisé.

Cette décennie, commencée par les premiers effets de l’échec du soviétisme et presque concomitamment des tentatives sociale-démocrates de changement, a permis de révéler en seulement quelques années que le capitalisme le plus débridé mène le monde à l’abîme. Sa crise globale ne peut trouver de solution qu’en recherchant des voies nouvelles post-capitalistes. Dans le cadre de la guerre économique qu’il porte en son sein, dans laquelle l’impérium nord-américain veut continuer à dominer, il n’hésite pas à utiliser la guerre, notamment celle d’Irak, d’autres en Afrique, enjeux nouveaux de lutte inter-capitalistes. Il bloque l’idée que le peuple palestinien puisse disposer d’un Etat et de sa terre, fait de nouvelles pressions contre les peuples latino-américains. Non seulement ce capitalisme qui se prétendait tout puissant, à tel point que certains de ses idéologues ont voulu faire croire qu’il était la fin de l’histoire, est secoué par une crise totale inédite mais il se heurte de plus en plus aux mouvements des peuples. Certes, ceux-ci sont encore trop dispersés. Mais le fait est là.

Les mouvements altermondialistes et écologistes de Seattle à Copenhague, la création des forums sociaux, les journées mondiales contre la guerre en Irak puis contre les odieux bombardements de Gaza par le pouvoir Israélien ont constitué des actions de portée mondiale. Les syndicats créent des lieux de discussion et de consultation avec désormais des journées d’action européennes ou mondiales.

Ainsi grandit, peu à peu, une conscience planétaire qui peut être porteuse de renouveau pour les forces syndicales, sociales, progressistes mondiales, même si celles-ci ne trouvent encore que peu de lieux pour débattre, se concerter et agir ensemble.

Le mouvement de basculement en Amérique Latine est porteur d’espoirs et devrait être mieux analysé et plus soutenu. Il en va de même du rejet majoritaire du capitalisme désormais mis en évidence dans toutes les enquêtes d’opinion mondiales, lancées ces dix dernières années. Sans oublier le Non majoritaire, opposé au projet de Constitution européenne dans plusieurs pays européens. Tout cela confère des responsabilités particulières aux forces sociales et progressistes en France et en Europe.

L’élection du Président Barack Obama aux Etats-Unis, doit être placée dans ce cadre et constitue un événement majeur à ne pas sous-estimer comme expression de la volonté du peuple américain à se débarrasser du bushisme. On recommence à utiliser le mot « socialisme » aux Etats-Unis mêmes.

Si les peuples des pays de l’Est de l’Europe ne souhaitent pas le retour aux anciens régimes, ils ne se satisfont pas non plus du capitalisme débridé. Et l’Union Européenne, engagée dans l’ultralibéralisme, vient encore de faire la démonstration de son impuissance à Copenhague. Le projet d’une Europe solidaire, écologique, démocratique, pacifique, reste à l’ordre du jour.

Ainsi ces dix dernières années auront vu se renforcer la contradiction entre les intérêts du capital et ceux du travail. La lutte des classes est encore plus vivace, exacerbée  et grandit  la conscience que le capitalisme, par sa nature même, est devenu incapable de répondre aux besoins humains fondamentaux.

Le capitalisme mondialisé aura, d’une part, extorqué encore plus de plus-value sur le travail humain et, d’autre part, fragilisé toujours plus les classes populaires, ouvriers, employés, paysans, femmes et hommes de culture, travailleurs indépendants. Le transfert des richesses créées par le travail vers le capital atteint des sommets. Les jeunes sont de plus en plus privés d’emploi et pour un nombre non négligeable d’entre eux, de formation. Les pensions des retraités n’ont cessé de se dévaloriser depuis la fin des gouvernements de gauche.

Les foudres de l’ultra libéralisme ne laissent derrière elles que chômage, précarité, pénibilité du travail, temps partiel imposé, bas salaires, déclassement social, travailleurs pauvres. L’accès aux biens fondamentaux, du logement, de la santé à l’alimentation est de plus en plus réduit.

La nouveauté des temps veut que de nouvelles catégories, jusque là épargnées, subissent le même sort. De surcroît, l’utilité même de leurs fonctions et métiers est de plus en plus niée, leur valeur contestée. On ne les respecte plus!

La revalorisation du travail et des travailleurs de toutes disciplines, dans le cadre d’un nouveau projet de développement humain durable, social, solidaire, écologique, démocratique, est posée avec force. La question du partage, de la mise en commun, de la reconnaissance des biens publics communs est plus que jamais d’actualité. Les valeurs de la République : liberté, égalité, fraternité doivent être revivifiées. Ceci sera possible grâce au soutien à tous les mouvements sociaux, citoyens, écologistes, culturels. Mais l’impulsion de forces progressistes, novatrices, modernisées, au service des humbles et d’un nouveau projet à inventer, est indispensable.

L’enjeu d’un nouveau projet de nature post-capitaliste est aujourd’hui posé avec une force renouvelée, à la lumière des échecs des tentatives de transformation sociale. Le défi est immense, mais si enthousiasmant. Cet horizon nouveau doit porter en lui l’avenir du genre humain et de la planète. Il appelle une politique radicalement neuve. En même temps, il appelle une révolution dans la politique elle-même, dans la façon de la concevoir, de la pratiquer et de l’élaborer avec les citoyens pour affronter les défis de civilisation posés.

Certes, le choix de tel ou tel candidat à la prochaine élection présidentielle a son importance, mais séparé de  l’ambition d’inventer un nouveau cap pour notre pays, l’Europe et  l’humanité, il ne serait que chimère. Ce monde en plein bouleversement a besoin de rompre avec le capitalisme qui surexploite l’homme et la nature.

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